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 Histoire d'amour entre Chavez et Ahmadinejad

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Yasmina17
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Number of posts : 114
Localisation : France
Registration date : 2006-08-21

PostSubject: Histoire d'amour entre Chavez et Ahmadinejad   Sat Sep 30, 2006 9:52 pm

Un très bon texte :

L’étreinte de Chavez au dirigeant iranien est une insulte aux femmes !

Hugo Chavez, une des figures-clef du mouvement populiste de gauche à travers l’Amérique Latine, a publiquement glorifié et embrassé le président iranien Mahlmoud Ahmadinejab.
De tels moments ne font que monter combien comptent peu les vies des femmes dans le monde des politiques nationalistes.
Bien sûr, le Venezuela et l’Iran ont entre eux des intérêts stratégiques, politiques et économiques de part leur rôle de producteurs de pétrole.
Et l’on s’attend à ce que Chavez condamne toutes les menaces militaires des USA contre l’Iran.
Mais il n’y a aucune excuse pour avoir déclaré sa solidarité avec un régime théocratique qui traite les femmes comme des sous-humains. En embrassant Ahmadinejad, Chavez met de l’eau au moulin de la dangereuse alliance l’anti-impérialisme de droite et l’anti-impérialisme de gauche.
Dans cette équation, la seule chose qui a de l’importance est l’opposition au pouvoir militaire des USA. Les droits des femmes, les droits des ouvriers, les droits des étudiants (ces sujets qui sont supposés être importants pour les socialistes, progressistes et personnes ayant une conscience) sont bannis.
Chavez semble de s’être pas rendu compte que l’actuel gouvernement d’Iran a fait de l’Iran un pays où la ségrégation des genres et la haine des femmes sont inscrites dans la loi.

Un régime de répression violente
C’est un pays où des femmes sont lapidées à mort pour avoir commis le « crime » d’adultère, enterrée jusqu’au coup, subissant des jets de pierres sur leurs visages et leurs têtes jusqu’à ce qu’elles meurent, où les femmes n’ont pas le droit au divorce ou à la garde des enfants, sont forcées par la loi de porter le voile sous peine de violences physiques ou d’emprisonnement, ne peuvent pas voyager sans la permission de leur mari ou de leur père, où leurs témoignages au tribunal sont considérés comme n’ayant que la valeur de la moitié d’un témoignage d’homme, et où la dissidence politique de toute nature, pour les femmes comme pour les hommes, est punie par la prison, et souvent par la torture et la mort.
C’est ça le gouvernement que Chavez compare selon ses mots à une « nation héroïque », qu’il a même appelé « révolutionnaire » !
Le manque de considération de Chavez pour les droits des femmes en Iran est trop fréquent parmi les gauchistes mâles. Pour la plupart d’entre eux, le statut de la femme n’est souvent même pas sur l’écran de leur radar. S’il en est question, il est souvent écarté comme étant une question de « culture ».
L’utilisation insidieuse du mot « culture » implique que des femmes sont brutalement soumises, non pas par la force et la violence, mais parce que leur « culture » le veut, et que donc c’est acceptable.
En plus d’être insultant pour l’esprit humain, qui n’accepte jamais passivement la soumission, cette attitude ignore tout des conditions actuelles et historiques de l’Iran.

Le peuple est en révolte
Une rapide enquête de la société iranienne montrerait que le peuple iranien est en totale révolte contre ses dirigeants despotiques, avec des femmes qui montrent le chemin.
Depuis 27 ans, les femmes ont résisté et défié les persécutions du régime contre elles, souvent en courant un grand risque pour leurs vies. Au côté d’un mouvement de femmes inspiré, il y a de forts mouvements ouvriers et étudiants laïques, tous s’opposant non seulement à la République Islamique, mais aussi aux menaces d’attaques militaires et aux sanctions contre l’Iran des USA.
Comment Chavez (qui se déclare socialiste et défenseur des opprimés) peut-il s’aligner avec le leader d’un tel régime réactionnaire plutôt que de s’inspirer des mouvements socialistes et féministes qui le combattent ?
C’est un terrible choix politique qu’il n’était pas obligé de faire.
Chavez peut et devrait renoncer à sa solidarité avec Ahmadinejad et la remplacer par la solidarité avec le peuple d’Iran.
Il devrait se tenir, non pas du côté du bourreau, mais aux côtés de celles qui sont injustement accusées et condamnées, comme Nazanine Fatehi, âgée de 17 ans, qui attend son exécution pour avoir commis le crime de s’être défendue, elle et sa nièce, face à une bande de violeurs.
Ou Kobra Rahmanpour, qui attend elle aussi son exécution et écrit dans une lettre publique : « j’ai assez souffert… S’il vous plaît aidez-moi ! Je ne veux pas mourir. Mais en ce moment même je suis plus un corps sans vie qui a oublié la joie et les rires dans l’attente de la corde de l’exécution… Mon seul espoir est dans le peuple et les humains comme moi. »
Que doivent ressentir Kobra et Nazanine de voir Chavez serrer dans ses bas leur bourreau ?
La position de Chavez doit être condamnée par toutes les forces progressistes au sein de la communauté internationale.
Un groupe qui a d’ores et déjà publié une telle condamnation est le Parti Communiste Ouvrier d’Iran. Dans une déclaration du 14 septembre, il écrit : « Nous voyons les tentatives par les forces de droite pro-américaines de renverser Chavez et nous suivons la moindre réforme du gouvernement Chavez en faveur des gens pauvres et affamés, mais défendre les dirigeants meurtriers et terroristes de la République Islamique, dérouler le tapis rouge pour eux sous prétexte d’anti-impérialisme n’est que jeter de la poussière dans les yeux du peuple et masquer la réalité de la brutalité du régime islamique. »
Le PCOI, un influent groupe de gauche en Iran qui défend la liberté humaine et fait des droits des femmes une priorité, réfute même la notion selon laquelle la République Islamique serait une force anti-impérialiste.
« Nous devons montrer clairement à Chavez et Castro que le courant islamiste, sans le soutien du gouvernement US et des puissances occidentales, n’aurait pas pu arriver au pouvoir et que sans leur aide il n’aurait pas pu garder le pouvoir » (en référence aux différents accords fait entre les USA et l’Iran, comme la vente secrète d’armes par l’administration Reagan à l’Iran, connue sous le nom de « Contra-gate -1»).

Quelque crédit à son actif

Chavez dispose d’un certain crédit pour les choses qu’il a faites pour améliorer la vie des pauvres et limiter les abus du capitalisme au Venezuela.
Il a mis en place des initiatives économiques pour les femmes et a reconnu la contribution financière pour le travail impayé des femmes au foyer. Récemment, il a initié et signé une loi qui payera une compensation aux femmes pour leur travail gratuit au foyer, quelque chose pour laquelle les féministes socialistes se battaient il y a plusieurs décennies.
Pourtant, rien de cela ne retire le fait qu’il ait été critiqué pour son pouvoir autoritaire, en particulier par les femmes vénézuéliennes qui le poussaient à réaliser ses promesses.
Les critiques mettent en avant sa position fermement anti-avortement. Il avait même essayé de mettre un amendement anti-avortement dans la constitution, mais une forte résistance l’a obligé à faire machine-arrière. Et parmi les féministes, la question de payer les femmes pour les tâches ménagères n’est pas tranchée. Alors que certaines considèrent que cela aidera les femmes à sortir de la pauvreté, d’autres pensent que cela institutionnalisera la place des femmes dans la servitude domestique.
Toutes ces questions doivent être reconsidérées à la lumière de l’alliance de Chavez avec un fondamentaliste anti-féministe comme Ahmadinejad.
Après les nouvelles élections où Chavez a triomphé des efforts de l’opposition pour le chasser du pouvoir, il avait déclaré : « Dieu a parlé ».
Mais pour certaines d’entre nous, c’est plus le son de la démagogie. Les véritables idéaux de justice, d’égalité et de justice humaine sont mieux représentés par le courageux militantisme de celles et ceux qui en Iran se battent pour sauver la vie de femmes et dessinent une troisième voie face à la domination US et l’opposition de droite à cette domination.
Maintenant, plus que jamais, nous devons nous lever et les défendre.

Jennifer Fasulo, co-fondatrice d’un groupe de soutien aux mouvement de libération des femmes au Moyen-Orient. Elle est aussi productrice assistante pour « Joy of Resistance », radio féministe multiculturelle sur WBAI 99.5 à New York.

1- Connue en France sous le nom d’Iran-gate, l’argent de cette vente a servi à financer les « contras », escadrons de la mort qui se sont opposés aux sandinistes au Nicaragua.

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