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 Le mariage forcé tue !

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Pascal
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Organisation : UL CNT Besançon
Registration date : 2006-08-20

PostSubject: Le mariage forcé tue !   Wed Oct 18, 2006 8:41 am

Sezen avait 19 ans. En France depuis 6 mois, Sezen refusait de se marier avec son cousin maternel.

La famille lui impose le mariage. Les invités ont remarqué que Sezen pleurait sans cesse. Sezen demande à retourner en Turquie, elle a comme seule réponse de sa famille « si tu reviens, je te tuerai ».

Sezen refuse d’avoir des relations sexuelles avec son cousin. « Je ne peux avoir d’autres relations avec toi que celles qui existent entre un frère et une sœur. Même si tu devais me tuer, je refuse d’avoir des relations sexuelles avec toi ». Le surlendemain de leur mariage, à savoir le 26 septembre 2006, le mari l’étrangle.

Le Centre d’information du Kurdistan, le Centre culturel Kurde de Paris et l’association « Femmes solidaires » dénoncent ce meurtre.

Sa mort de doit pas être passée sous silence !

Nous appelons les familles à éradiquer cette pratique traditionnelle patriarcale. Le mariage forcé est indéfendable. Le meurtre d’une femme, en particulier le crime d’honneur, est indigne dans chaque pays du monde.
En France, 70 000 jeunes femmes sont susceptibles d’être victimes de mariage forcé.
Femmes solidaires reçoit au sein de ses permanences 6 % de jeunes filles victimes de menaces de mariage forcé.

En France, chaque mois, 6 femmes meurent des suites des violences conjugales.
Elles ont le droit de dire NON ! au mariage et NON ! aux relations sexuelles!

Nous ne voulons pas vivre dans une société qui ne repose pas sur le plein exercice des droits fondamentaux de la personne et sur des rapports humains entre les sexes basés sur le respect, l’échange et le principe de l’égalité.

Ce meurtre est une violation des droits humains et une atteinte aux droits de toutes les femmes ! Ne tolérons plus ces crimes odieux perpétrés contre les femmes !

La justice doit appliquer les lois faisant reculer les violences faites aux femmes et assurer le respect de leurs droits. Par respect pour Sezen, le criminel doit être sanctionné, de même que les personnes responsables de ce mariage forcé. L’application de la loi contribue au changement des mentalités.

Contacts :

Centre Culturel Kurde Ahmet Kaya, Paris : Gulnaz Duman Bilge, 06.78.50.19.90

Centre d’information du Kurdistan, Paris : Fidan Unlubayir, 01.42.81.22.71
e.mail fidanliz@hotmail.com

Femmes solidaires, Catherine Eudeline, 01.40.01.90.90,
e.mail femmes.solidaires@wanadoo.fr

Paris, le 9 octobre 2006


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Mansoor Hekmat
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Pascal
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PostSubject: Re: Le mariage forcé tue !   Thu Oct 26, 2006 8:52 am

A propos de mariages forcés, les syndicats CNT de Franche-Comté essayent de mettre en place une campagne sur le sujet (en y associant d'autres organisations syndicales, féministes, de défense des immigré-e-s...).

Voilà deux documents qui peuvent être utiles sur cette question :

Mariages forcés, vous avez le droit de dire non
Il s'agit d'une brochure (publiée par la mairie de Paris et plusieurs associations) de sensibilisation et d’information pour les jeunes filles et les femmes de 15 à 35 ans victimes de "mariage forcé". Elle a le mérite de faire clairement le point sur les aspects juridiques et de proposer des conseils pratiques et une liste d'associations relais toujours utiles (en Région Parisienne).
Télécharger la brochure en format PDF :
http://www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=21312

Les mariages forcés chez les jeunes filles d'origines maghrébines
Il s'agit d'un mémoire de Maîtrise présenté par Aurélie Léo en Octobre 2003 à l'Université de Montpellier et publié par le Mouvement Français pour le Planning Familial.
http://www.planning-familial.org/themes/theme04-violences/memoire.pdf

Il serait bien de profiter de ce forum pour échanger sur comment lutter contre les mariages forcés, et par exemple avoir des conseils d'organisations qui luttent sur cette question depuis des années.

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Yasmina17
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PostSubject: Re: Le mariage forcé tue !   Sat Oct 28, 2006 10:51 am

Un témoignage publié sur le site d'Amnesty International :

Mariage forcé, 7 ans d'enfer

D'aussi si loin qu'elle se souvienne, Oumou fut, comme toutes les filles en Afrique, préparée et conditionnée au mariage. Fidèle à son rêve " d'étudier à la fac ", la jeune Malienne résiste longtemps à la pression familiale, au poids de la coutume. Jusqu'au jour où… Témoignage.

Cette jeune femme, aux traits fins et à l'allure fragile, a toujours été une battante. Adolescente au Mali, elle a tenu tête à son père très autoritaire, défendant sa mère contre la seconde épouse qu'elle considérait comme une intruse. " Mais en Afrique, dit-elle, la rébellion d'une fille s'écrase facilement. Dès que tu t'exprimes, ton père, tes frères te tapent, te tabassent. " Alors, Oumou apprend à se taire. " Dans la tradition peule, explique la jeune femme, ton sang ne doit pas se mélanger avec celui de quelqu'un d'autre, il faut donc se marier dans la famille élargie ".

Selon la tradition, ses deux sœurs ont convolé très jeunes, à quinze ans à peine, mais Oumou, qui ne rêve que d'études, refuse obstinément tous les prétendants. Après son bac, elle entre à la Faculté de droit à Bamako. Pourtant, elle va finir par céder au poids de la coutume qui régit toute la vie sociale, " à la fac, souligne-t-elle, on t'apprend même le droit coutumier, avant le droit civil ", et par craquer sous la pression familiale qui vire au harcèlement quotidien.

Épuisée moralement, l'étudiante n'arrive même plus à se concentrer, à travailler et finit par accepter le mariage. Du jour au lendemain, elle doit alors abandonner ses études pour épouser un cousin éloigné, parti travailler en France, et qu'elle n'a jamais vu. Elle se marie civilement au Mali, par procuration. " Le jour de la cérémonie, je me suis sentie très mal. Tu te maries avec quelqu'un, tu ne sais même pas quelle tête il a."

Ensuite, elle s'envole pour la France, un pays qu'elle ne connaît pas, et découvre horrifiée à l'aéroport, que " son promis " n'est pas seul, il est accompagné de sa femme et de ses quatre enfants. L'homme avait bien dit qu'il était divorcé, mais pas qu'il était retourné vivre avec sa première femme ! Oumou va vivre sept ans d'enfer avec un mari violent, de onze ans son aîné. La cohabitation à neuf, dans un petit trois pièces ne fait qu'aggraver les choses. La tête baissée, elle raconte, :" Le premier soir, partout où il te touche ça fait mal. C'est comme si ça brûlait. Après, c'est toujours resté comme ça. " Mais la jeune fille refuse ces rapports forcés, elle se défend. Alors son mari la frappe, déchire ses vêtements. " Tous les jours j'avais un haut, une culotte déchirée. "

Cloîtrée, elle ne parle à personne de ce qu'elle vit, et plus que tout, appréhende le soir. Jusqu'au bout de la nuit, elle regarde la télévision pour échapper au lit conjugal. Quand elle évoque cette époque, elle répète toujours : " ce n'était pas moi. " Elle explique : "Tu perds confiance en toi, tu n'arrives plus à réfléchir, à lire. Tu ne fais plus aucun projet. Par peur des coups, tu ne sais plus dire que : oui, d'accord. " Par moments, elle pense au suicide ; elle développe des maladies somatiques qui cesseront brusquement le jour où elle quittera son mari. Par moments, elle pense au suicide ; elle développe des maladies somatiques qui cesseront brusquement le jour où elle quittera son mari.

Durant ces années de solitude extrême, ses seuls moments de bonheur, elle les vit avec son fils, né après quatre ans de mariage. " Mon fils, je l'ai voulu complètement, dit-elle dans un sourire lumineux. On m'avait tout pris, mais j'avais cet enfant dans le ventre. "

Et puis un jour, une fois de plus, une fois de trop, son mari la frappe violemment, devant sa belle-sœur qui ne proteste même pas. C'est le déclic. Révoltée, Oumou prend son fils de deux ans sous le bras, porte plainte au commissariat et fait faire un constat à l'hôpital. Par chance, elle obtient très vite une place dans un foyer où elle va rester neuf mois. Le temps pour cette jeune femme déterminée à s'en sortir, de se reconstruire, de se resocialiser, de trouver un travail de nourrice. Soulagée, elle voit son fils, qui se mordait souvent les doigts jusqu'au sang, retrouver un équilibre.

Aujourd'hui, Oumou a obtenu le divorce. Elle milite au Gams, une association qui se bat notamment contre les mariages forcés qui menacerait environ 70 000 jeunes filles issues de l'immigration en France. Remariée avec un médecin, elle a deux petites filles. Avec son mari Olivier, ils parlent de tout, et la jeune femme, après des années d'enfermement et de silence, revendique un besoin vital de s'exprimer : " désormais, il faut que ça sorte ".

Amnesty International, février 2006

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Pascal
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PostSubject: Re: Le mariage forcé tue !   Tue Oct 31, 2006 1:34 pm

Quelques points sur lesquels il pourrait être intéressant d'échanger à propos des mariages forcés :

1) Lister et présenter les organisations qui luteent contre cette pratique : dans quelles villes sont-elles présentes ? Quelle aide peuvent-elles apporter (soutien juridique ? aide psychologique aux victimes ? lieux d'hébergements sûrs ?

2) Quels sont les organismes officiels avec lesquels on peut travailler ? Quelle aide peut-on leur demander ? Quels sont au contraire les organismes à éviter ou avec qui il faut être particulièrement prudent ?

3) Où s'adresser pour avoir des informations et un soutien juridiques ? pour des femmes sans-papiers par exemple risquant l'expulsion en quittant leur mari ? Pour trouver rapidement un lieu d'hébergement sûr ? Une liste peut-être aussi d'organisations sûres en cas de besoin de traduction en turc, kurde, arabe, ourdou ou albanais (voir d'autres langues) ?

4) Quels conseils pratiques pour soutenir/accompagner les femmes victimes de mariages forcés ? Quels "petits trucs" tirés de l'expérience dans la lutte contre cette pratique peuvent être utiles ?

5) Quels sont les textes juridiques nécessaires ou sur lesquels s'appuyer pour se battre contre cette pratique ? Par exemple, récemment un texte a été voté par le sénat et présenté comme un texte "contre le mariage forcé et le mariage blanc" : or, ce texte apparait plus comme une nouveau moyen pour restreindre et contrôler l'immigration que comme une loi permettant de défendre les droits humains basiques des femmes victimes de mariage forcé. Une organisation a-t-elle analysé ce texte ?

Et sûrement des milliers d'autres questions... Bien sûr, ce forum étant comme tout forum public, et internet n'étant pas forcément sécurisé, il faut garder à l'esprit les règles de sécurité pour ce genre de question (et éviter d'indiquer tout ce qui pourrait mettre en danger des filles ou femmes ayant fuit un mariage forcé).

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Yasmina17
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PostSubject: Re: Le mariage forcé tue !   Thu Nov 16, 2006 3:40 pm

Les mariages forcés toujours aussi nombreux

En dépit des campagnes de sensibilisation, chaque année 70 000 jeunes filles vivant en France seraient contraintes d'épouser un inconnu au bled.

« J'AI découvert que mes parents m'avaient promise à un homme du village en surprenant une conversation », explique Cira, 16 ans, d'origine malienne. L'adolescente a bien tenté d'en parler à sa mère, mais s'est heurtée à un « c'est comme ça » aussi las que ferme. Avec la menace d'être exclue de la famille en cas de refus. « Je suis en BEP secrétariat. Je ne veux pas me marier à un homme qui a presque trente ans et que je connais pas. » Pour autant, Cira hésite à dénoncer ses parents. Elle oscille entre la révolte et la résignation, se raccroche à l'idée qu'elle divorcera ensuite pour vivre sa vie.

Comme elle, près de 70 000 jeunes filles seraient menacées de mariages forcés, selon une estimation du Groupement pour l'abolition des mutilations sexuelles (Gams). Jusqu'à présent, les diverses campagnes de sensibilisation comme les modifications législatives n'ont pas enrayé le phénomène. Début 2006, la majorité nubile est passée à 18 ans et les unions douteuses peuvent faire l'objet d'enquête.

À mesure que les contrôles se renforcent, les familles les plus arc-boutées sur leurs traditions adaptent leur stratégie. « On observe un retour des mariages précoces », s'inquiète le Gams. « Les parents ont parfois vu les aînées leur échapper, alors ils marient les cadettes très jeunes, avant qu'elles n'aient un copain », explique la directrice du Gams, Isabelle Gillette-Faye. Beaucoup ont également renoué avec les mariages au village ou au bled car « ils ont compris qu'en France c'était plus surveillé et plus compliqué pour régulariser ensuite un mari sans-papier ». Désormais, toutes les vacances scolaires sont devenues des « périodes à risque », alerte Isabelle Gillette-Faye.

En Seine-Saint-Denis, département qui compte le plus d'immigrés, les travailleurs sociaux et les enseignants sont particulièrement mobilisés. Ils lancent une nouvelle campagne de prévention reposant autant sur les jeunes que sur les parents. Car empêcher ces unions forcées reste complexe. « La première tendance serait d'éloigner la jeune fille, mais souvent, elles ne veulent pas quitter leur famille, explique Linda M., infirmière scolaire à Bobigny. Alors, on essaie de gagner du temps. Mais je fais un à deux signalements par an à la justice, avec des succès divers... » Les jeunes filles changent souvent d'avis, les juges ne suivent pas toujours et les services sociaux « sont réticents à prendre en charge ces filles sur le long terme », ajoute cette infirmière.

«L'ambiguïté des mères»


Les services sociaux notent que les mariages forcés sont plus répandus chez les immigrés de fraîche date et que la pratique s'estompe avec le temps passé en France. « Autrefois, les Maghrébines trouvaient normal de se marier ainsi. On n'en parlait pas. Maintenant, un certain nombre de jeunes filles revendiquent des droits, analyse Emmanuelle Piet, qui coordonne la politique familiale au conseil général de Seine-Saint-Denis. En revanche, dans les familles pakistanaises, les filles acceptent, pour l'instant. La pratique est commune chez les primo-arrivants. »

La persistance de ces mariages repose aussi sur « l'ambiguïté des mères », reconnaît Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire des violences contre les femmes en Seine-Saint-Denis. Toutes ne sont pas prêtes à « reconnaître qu'elles ont été elles-mêmes opprimées ». Mais elles sont chaque jour plus nombreuses à dénoncer cette violence, comme Myriam, 40 ans, Marocaine, qui proclame : « Jamais ça pour ma fille ! »

Le Figaro, 16 novembre 2006.

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