HomeHome  PortalPortal  CalendarCalendar  FAQFAQ  SearchSearch  RegisterRegister  MemberlistMemberlist  UsergroupsUsergroups  Log in  

Share | 
 

 TEHERAN-GREVE DES TRANSPORTS EN COMMUN

Go down 
AuthorMessage
CNT AIT France
utilisateur


Number of posts : 20
Localisation : FRANCE
Organisation : CNT AIT IWA
Registration date : 2006-08-29

PostSubject: TEHERAN-GREVE DES TRANSPORTS EN COMMUN   Tue Aug 29, 2006 1:04 am

Jeudi 27 juillet 2006
http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1258

Pendant plusieurs mois, la grève des salariés de "Sherkat e Vahed", l’entreprise de transports publics de Téhéran, a secoué le pays, parvenant par moments à paralyser la gigantesque capitale iranienne (12 millions d’habitants). Les médias occidentaux, si friands "d’informations sensationnelles" concernant cette zone du monde, ont, comme ils savent si bien le faire quand l’actualité leur déplait, passé sous silence ce conflit malgré ces répercussions multiples. Pourtant, dans un pays où la grève est absolument interdite, il s’est agi d’un événement d’importance, qui pourrait prendre valeur d’exemple. C’est pourquoi, même si le syndicat de base qui a mené la lutte ne se réclame pas du tout de l’anarchosyndicalisme, nous avons tenu à relayer cette lutte passée sous silence dans le monde occidental.

Ces dernières années, la classe ouvrière iranienne a subi les durs assauts du patronat et de son État (en l’occurrence, un État clérical islamique). Dans ce contexte de recul social, les travailleurs iraniens "bénéficient" des services d’un syndicat officiel. C’est la "Khane-ye Kargar" ("Maison des travailleurs") qui, dans les entreprises de plus de 35 salariés, dispose d’une délégation, la "Shora-ye Slami" ("Conseil islamique du travail). Ces organisations, créés après la violente répression de 1984, n’ont qu’un seul but : mettre sous tutelle les salariés. Car, en réalité, la "Maison des travailleurs" est une véritable police politico-sociale qui agit dans les entreprises pour écraser toute velléité de lutte (ce qui est d’ailleurs le rôle du syndicalisme officiel dans tous les pays du monde, quelle que soit l’apparence qu’il adopte).

17 “meneurs” licencies

Tout récemment, en 2003, le capitalisme iranien a fait mine de se libéraliser et de permettre la création de syndicats indépendants (qui restent interdits sans les secteurs dits stratégiques). Sur le papier, il est permis de créer un syndicat libre. Dans la réalité, ceux qui s’y risquent s’exposent aux licenciements et à la répression. C’est ici que commence l’histoire du "Syndicat des travailleurs de la compagnie d’autobus de Téhéran et ses environs". A son appel, en mars 2005, quatre des dix dépôts de transports se sont mis en grève pour réclamer une augmentation de 14 % des salaires. La grève fut brève, mais les salariés obtinrent satisfaction. Le prix à payer ne se fit pas attendre : 17 travailleurs, présentés comme des "meneurs", furent licenciés.

Les bandes blanches du patronat & de l’Etat.

Le Premier Mai 2005, le siège du syndicat fut attaqué par un groupe paramilitaire au moment où avait lieu une réunion à laquelle participaient les salariés licenciés. Le local fut mis à sac sous le regard complice des policiers qui avaient ordre de ne pas intervenir (sauf au cas où les "bandes blanches" auraient eu le dessous). Les chefs de ces "bandes blanches", dont la ferveur religieuse ne se manifeste en ce bas monde que par une haine furibonde contre les ouvriers (phénomène très commun également en terres chrétiennes...), sont des personnages connus du régime islamique (députés, hauts fonctionnaires du syndicalisme officiel....). Certains de ces personnages ont figuré sans complexes comme "représentants des travailleurs iraniens" lors de la 93ème session de l’Organisation internationale du travail, dont le siège est à Genève.

Les travailleurs ne se sont pas laissés impressionner outre mesure par cette attaque. Au début du mois de juin, une assemblée générale du syndicat indépendant eut lieu pour se réorganiser et rendre les coups reçus. Environ 8 000 travailleurs y participèrent. Les "courageuses" bandes armées islamistes jugèrent plus prudent de ne pas intervenir, sentant bien qu’il y avait danger pour elles de prendre une raclée si elles montraient le bout du turban.

Comme l’entreprise continuait à licencier des "meneurs", diverses ripostes furent organisées, parmi lesquelles, le 7 septembre, une grève de la vente des tickets. A la suite de cela, quatorze militants furent arrêtés à leur domicile. Trois jours après, la grève éclatait dans trois dépôts. Malgré les arrestations, elle se poursuivit plusieurs jours, jusqu’à ce que le maire de Téhéran, un certain Mohammad Bagher Ghalibaf, parvienne à se propulser comme "médiateur", en promettant de faire libérer les travailleurs incarcérés et de faire avancer le dossier.

Les salariés, prenant conscience que les promesses du médiateur étaient une simple manœuvre pour faire cesser le mouvement, ont repris la grève le 28 janvier 2006. Cette reprise de la protestation fit tomber le masque du maire qui, dès lors, déclara qu’il fallait écraser sans pitié le mouvement, qualifié de "sabotage contre-révolutionnaire".

1 300 grévistes arrêtés !

Une vague d’arrestations, touchant 1 300 ouvriers du transport s’ensuivit. La majorité d’entre eux a ensuite été remise en liberté, la police conservant les supposés meneurs, responsables du syndicat indépendant. Nous ne disposons pas d’autres informations à ce jour.

L’Iran, qui s’affiche comme un État islamique, comme une théocratie, est présenté généralement en Europe comme obscurantiste et moyen-âgeux. L’histoire ci-dessus montre qu’il n’en est rien : pour ce qui est des techniques de répression et de manœuvres, la bourgeoisie iranienne n’a rien à apprendre des bourgeoisies qui se revendiquent de la Bible ou de l’État de droit. De ce point de vue en effet, l’Iran est une nation moderne, 100 % capitaliste, dans laquelle tout est fait -comme dans les autres pays- pour écraser tout mouvement "incontrôlé" des producteurs.

(D’après "CNT", mensuel de la CNT-AIT d’Espagne)


Tiré du Combat Syndicaliste de Midi-Pyrénée n°96, par la CNT-AIT de Toulouse http://cnt-ait-toulouse.fr
Back to top Go down
View user profile http://cnt-ait.info
Pascal
Admin
avatar

Number of posts : 225
Localisation : France
Organisation : UL CNT Besançon
Registration date : 2006-08-20

PostSubject: Re: TEHERAN-GREVE DES TRANSPORTS EN COMMUN   Tue Aug 29, 2006 11:58 pm

A noter que Mansoor Ossanlou, le président du syndicat des chauffeurs de bus a été libéré le 9 août 2006 après avoir passé 7 mois et demi en prison.

Voilà le communiqué (en anglais) du Parti Communiste Ouvrier d'Iran à ce propos :
http://www.kargaran.org/international%20labor%20solidarity/vahed/osanlou%20realeazed.htm

La grève et la lutte des travailleurs des transports urbains de Téhéran a été une des grandes luttes de cette année en Iran.

Voilà quelques textes et articles sur cette lutte :

IRAN-RESIST - 26.12.2005 :
Quote :
Les chauffeurs de bus à Téhéran sont en grève depuis 3 jours

Au départ de ce mouvement, il y avait des revendications sociales et professionnelles : un chauffeur de bus à Téhéran est responsable de son véhicule. En cas d’accident ou de casse mécanique, c’est à lui de payer les réparations. Les chauffeurs de bus demandent l’abrogation de cette règle, un meilleur salaire et des logements. Rappelons que le salaire d’un fonctionnaire est du tiers du niveau du Seuil de Pauvreté.

Le 23 décembre, 8 membres du syndicat informel et indépendant des chauffeurs des bus de Téhéran ont été arrêtés et incarcérés à la Prison Evine. Depuis ces évènements, plus de 40 à 80% des chauffeurs de bus (selon les arrondissements), soit environ 10 à 12,000 personnes, réclament la libération de leurs collègues.

À l’annonce de la grève, les mollahs ont réquisitionné tous les autocars des transports collectifs des institutions d’état et ils ont chargé les Bassidjis d’assurer un service de remplacement pour casser la grève.

Cependant, à 11 h du matin, il n’y avait pas le nombre nécessaire de bus disponibles dans la ville et le trafic a été très perturbé. Une attente de 4 heures était prévue entre chaque passage.

2 des 8 représentants des chauffeurs ont été relâchés et 20 autres ont été arrêtés. De nombreuses épouses de chauffeurs ont apporté leur aide à leurs maris et tous ont été tabassés sans que malgré tout les Bassidjis puissent en fin de compte obliger les grévistes à reprendre le travail. 1500 des grévistes font un sitting dans le dépôt du 6eme arrondissement et les autorités n’ont pu arriver à un accord pour les faire partir.

Le mouvement doit en principe être reconduit et l’on parle d’un possible élan de solidarité dans les provinces.

Photo accompagnant cet article :


Communiqué du Parti Communiste Ouvrier d'Iran Hekmatiste, 31 décembre 2005 :
Quote :
Solidarité avec les travailleurs des transports de Téhéran

Aux syndicats et organisations ouvrières, aux individus et institutions de défense des droits humains

Des actions urgentes sont nécessaires pour sauver Mansour Osanlou, secrétaire à Téhéran du syndicat des travailleurs des transports

Comme je vous ai informé dans mon dernier communiqué de presse, le 22 décembre 2005, les autorités iraniennes ont arrété le secrétaire et les membres du comité exécutif du syndicat des travailleurs des transports à Téhéran de la compagnie Vahed. Suite à d’importantes protestations et à un jour de grève, le 25 décembre, tous les détenus ont été libéré, sauf M. Mansour Osanlou, le secrétaire du syndicat. Il a été accusé de vouloir former une organisation illégale et d’organiser des grèves.

Osanlou a été maintenu en isolement depuis son arrestation. Selon plusieurs articles qui circulent actuellemet, M.Osanlou est victimes de pressions, pour aller faire une confession à la télévision de ses prétendus liens avec des pouvoirs étrangers et qu’il cherche à acheter des armes.

Ces derniers développements indiquent une inquiètante conspiration visant M. Osanlou et le syndicat des travailleurs des transports. La vie de M. Osanlou et la perrénité des activités de l’organisation syndicale dépendent, en même temps que du soutien actif des travailleurs en Iran, de votre action. Nous vous appelons à redoubler d’efforts et à faire tout ce qui est en votre pouvoir pour faire pression sur le gouvernement iranien en exigeant la libération de M. Osanlou.

Respectueusement, Rahman Hosseinzade Au nom du Parti communiste-ouvrier d’Iran - Hekmatiste

Iran-Resist 29.01.2006 :
Quote :
La grève des transports en commun en Iran

À la suite des heurts qui se sont déroulés dans les dépôts des stations de bus de la capitale, 20 autres conducteurs de bus de la ville de Téhéran ont été arrêtés par les forces de répression de la république islamique. Ces dernières arrestations ont été faites aux domiciles des conducteurs, tous membres du syndicat des travailleurs par ailleurs.

Les personnes qui étaient absentes de chez elles au moment des faits ont été obligées de se rendre d’elles-mêmes auprès des tribunaux islamiques, les forces de l’ordre ayant dans ce cas retenu les familles des travailleurs en signalant qu’elles ne seraient libérées que si les syndicalistes se rendaient.

On a appris par ailleurs que de nombreux conducteurs arrêtés puis remis en liberté ont reçu interdiction de se rendre dans les dépôts et à leurs domiciles et se retrouvent à errer dans Téhéran.

À l’heure actuelle, il y aurait encore selon les diverses sources entre 250 et 300 conducteurs en prison.

Iran-Focus, 2 mai 2006 :
Quote :
Mesures policières contre les protestations des chauffeurs de bus dans la capitale

Les Forces de Sécurité de l’Etat et la police spéciale anti-émeute ont chargé une manifestation pacifique de chauffeurs et de receveurs de bus lundi dans la capitale iranienne à l’occasion de la Journée internationale du Travail, ont rapporté des témoins oculaires à Iran Focus dans une interview par e-mail.

Près de 1000 manifestants se sont rassemblés lundi devant le siège de la compagnie de bus de Téhéran pour protester contre l’arrestation et le licenciement de plusieurs de leurs collègues pour avoir participé à des manifestations contre le gouvernement ces derniers mois.

La manifestation a débuté peu après 9 heures et plusieurs centaines d’employés des transports et une poignée d’étudiants y ont pris part, selon un étudiant qui a rejoint la manifestation.

Peu de temps après, un grand nombre d’autres étudiants sont venus se joindre au rassemblement en solidarité avec les employés. Ils se sont mis à scander des slogans contre le gouvernement et ont brandi des bannières réclamant la libération des employés des transports emprisonnés.

Tandis que les agents des forces de sécurité arrêtaient plusieurs étudiants et mettaient en place un cordon de sécurité autour du bâtiment de la compagnie, la manifestation est devenue plus vigoureuse et moins contrôlable.

A 12h30, des ordres ont été transmis pour arrêter ou disperser les manifestants. Les agents des forces de sécurité de l’Etat et la police anti-émeute ont utilisé des matraques électriques pour charger les manifestants. Plusieurs employés des transports sont tombés à terre après avoir été frappés.

Plusieurs travailleurs et une dizaine d’étudiants ont été arrêtés dans les émeutes qui ont suivi.

Les autorités iraniennes avaient lancé de fortes mesures de répression contre les employés des transports en janvier, arrêtant un grand nombre de chauffeurs de bus qui avaient décidé de se mettre en grève.

En février, les agents du ministère des Renseignements, la police secrète du pays, ont conduit des raids nocturnes aux domiciles des chauffeurs de bus et des travailleurs en grève à Téhéran, arrêtant plus d’un millier de personnes pour des motifs politiques.
Back to top Go down
View user profile http://cnt25.over-blog.com/
 
TEHERAN-GREVE DES TRANSPORTS EN COMMUN
Back to top 
Page 1 of 1

Permissions in this forum:You cannot reply to topics in this forum
 :: Informations, news and discussions by countrys :: Iran-
Jump to: